Des trous qui apparaissent de nulle part, des fruits évidés avant même d'arriver à maturité, une tige sectionnée net au ras du sol. Identifier quel ravageur est responsable change radicalement la façon d'intervenir. Traiter avec du Bacillus thuringiensis contre des limaces, c'est inutile. Confondre la Tuta absoluta avec une noctuelle, c'est perdre une semaine et souvent toute une récolte.
Quels signes visuels permettent d'identifier le nuisible responsable ?
Avant tout traitement, l'observation s'impose. Pas en passant, vraiment regarder : l'envers des feuilles, le sol autour des tiges, les fruits abîmés. Chaque ravageur a sa signature visuelle.
- Feuilles trouées ou découpées sur les bords : noctuelles actives la nuit, ou limaces grises
- Feuilles décolorées avec une toile fine sous le limbe : tétranyque tisserand (Tetranychus urticae) presque à coup sûr
- Fruits creusés avec des galeries internes : larves de Tuta absoluta ou Helicoverpa armigera
- Miellat collant sur le feuillage avec des fourmis : pucerons ou aleurodes sans hésitation
- Tige sectionnée nette au ras du sol : limace ou courtilière (Gryllotalpa gryllotalpa)
Ces indices sont fiables dans la majorité des cas. Quand plusieurs symptômes coexistent sur le même plant, plusieurs ravageurs peuvent être en cause simultanément.
Quels insectes suceurs s'attaquent spécifiquement aux tomates ?
Le puceron vert du pêcher (Myzus persicae)
Myzus persicae est l'espèce la plus répandue sur tomates en France. Il colonise l'envers des feuilles, prélève la sève et transmet des virus comme le CMV (Cucumber Mosaic Virus). Les dégâts directs sont souvent moins graves que les maladies virales qu'il propage en piquant plusieurs plants successivement. On le reconnaît à sa teinte vert clair à vert jaunâtre, et aux colonies denses qui se forment en deux à trois jours sur les jeunes pousses.
L'aleurode des serres (Trialeurodes vaporariorum)
Trialeurodes vaporariorum ressemble à une minuscule mouche blanche d'environ 1,5 mm. En serre ou sous abri, les populations explosent en quelques semaines. Les adultes s'envolent en nuage dès qu'on secoue un plant. Leurs larves restent fixées sous les feuilles et pompent la sève en continu. Le miellat qu'elles produisent favorise ensuite la fumagine, ce dépôt noir qui réduit la photosynthèse et affaiblit durablement le plant.
Le tétranyque tisserand (Tetranychus urticae)
Ce n'est pas un insecte, c'est un acarien. Mais il s'en prend aux tomates avec autant d'efficacité qu'un puceron. On détecte son attaque via les piqûres blanchâtres ponctuées sur le dessus des feuilles et la toile fine caractéristique sous le limbe. Par temps chaud et sec, une colonie peut envahir tout un plant en moins de deux semaines. Les températures supérieures à 28 °C et l'air sec sont ses meilleures alliées.
Les chenilles et larves sont-elles les principaux mangeurs de tomates ?
C'est là que les dégâts deviennent vraiment spectaculaires, surtout sur les fruits.
La mineuse de la tomate (Tuta absoluta)
Tuta absoluta est arrivée en France en 2008 et depuis, elle ravage surtout les cultures du pourtour méditerranéen, mais remonte de plus en plus vers le nord. Ses larves creusent des galeries sinueuses blanchâtres dans les feuilles et s'attaquent aussi aux tiges et aux fruits. Un seul plant peut abriter plusieurs dizaines de larves à des stades différents au même moment.
La noctuelle de la tomate (Helicoverpa armigera)
Helicoverpa armigera est une chenille imposante pouvant dépasser 4 cm. Elle perce les fruits par un trou d'entrée caractéristique, puis les vide de l'intérieur en laissant une cavité brune. Un fruit attaqué est irrécupérable. La ponte se fait principalement entre juillet et septembre, pendant les nuits chaudes d'été.
La noctuelle du chou (Mamestra brassicae)
Son nom prête à confusion, mais Mamestra brassicae apprécie aussi les tomates, surtout les jeunes plants. Sa chenille, de couleur vert-brun, ronge le limbe foliaire de façon irrégulière la nuit. En journée, elle se cache dans le sol à quelques centimètres de profondeur, ce qui complique beaucoup l'observation directe.
Les limaces et escargots attaquent-ils vraiment les tomates ?
Oui, bien plus qu'on ne l'imagine souvent. Deroceras reticulatum (la limace grisâtre) et Arion rufus (la limace noire) ciblent surtout les plants jeunes et les tiges au niveau du sol. Leurs traces : des sillons brillants laissés par le mucus séché et des trous nets sur les feuilles basses. Les températures douces de mai-juin combinées à un sol humide créent des conditions d'explosion de population. Un plant fraîchement repiquer peut être sectionné en une seule nuit.
Y a-t-il des nuisibles qui s'en prennent aux racines de la tomate sans laisser de traces visibles ?
C'est frustrant parce que le plant dépérit sans raison apparente en surface. Deux coupables principaux : les larves de hanneton (Melolontha melolontha), qui dévorent les racines secondaires, et les nématodes phytoparasites comme Meloidogyne incognita, qui créent des galles caractéristiques sur les racines principales. Ce dernier est fréquent dans les sols sableux du sud de la France. La courtilière (Gryllotalpa gryllotalpa) creuse aussi des galeries autour des racines, déchaussant les plants sans forcément les consommer.
Comment distinguer les dégâts d'un nuisible de ceux d'une maladie cryptogamique ?
Le mildiou (Phytophthora infestans) ou l'alternariose (Alternaria solani) peuvent produire des taches foliaires qui ressemblent à première vue à des dégâts de ravageurs. Le critère décisif : les dégâts de ravageurs montrent des tissus manquants (trouées nettes, galeries, épiderme arraché), alors qu'une maladie fongique produit des décolorations, des nécroses ou des taches sans perte de substance visible. Aucun champignon ne découpe une feuille proprement.
Quels nuisibles dominent selon la région et la saison ?
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Nuisible |
Partie attaquée |
Signe distinctif |
Période de risque |
Traitement naturel ciblé |
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Myzus persicae |
Feuilles, jeunes pousses |
Colonies vertes, miellat |
Avril à octobre |
Savon noir 20 mL/L |
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Tuta absoluta |
Feuilles, fruits, tiges |
Mines blanchâtres sinueuses |
Juin à octobre |
BTK + pièges phéromones |
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Helicoverpa armigera |
Fruits |
Trou d'entrée + cavité brune |
Juillet à septembre |
Pièges Pherobank |
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Deroceras reticulatum |
Tiges, feuilles basses |
Sillons de mucus séché |
Mars à juin, automne |
Ferramol (phosphate de fer) |
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Tetranychus urticae |
Feuilles |
Toile fine, piqûres blanches |
Juin à août |
Thiovit Jet (soufre mouillable) |
Peut-être aimeriez-vous aussi savoir quels nuisibles mangent les œufs ?
Comment traiter efficacement une fois le ravageur identifié ?
Une fois le coupable identifié, le traitement devient ciblé et beaucoup plus efficace.
- Pucerons (Myzus persicae) : savon noir dilué à 20 mL/L ou décoction d'ail à 100 g/L, appliqué le soir pour éviter les brûlures
- Tuta absoluta : pièges à phéromones Tutasan ou Pherobank combinés à du Bacillus thuringiensis var. kurstaki (DiPel DF)
- Limaces : granulés de phosphate de fer Ferramol, efficaces sous la pluie, sans danger pour les oiseaux ni les hérissons
- Aleurodes : lâchers de Macrolophus pygmaeus (Koppert) en serre, ou savon potassique à 15 g/L en extérieur
- Acariens (Tetranychus urticae) : Thiovit Jet (soufre mouillable) ou huile essentielle de géranium rosat diluée à 0,5 %
Pour éviter d'en arriver là, quelques réflexes préventifs réduisent sérieusement les risques :
- Associer les tomates avec des tagètes patula et du basilic : ces plantes repoussent activement les insectes piqueurs
- Installer des filets anti-insectes à maille 0,8 mm dès le repiquage, surtout sous abri
- Pailler les pieds avec de la paille ou du BRF pour limiter les remontées de nuisibles depuis le sol
- Inspecter l'envers des feuilles chaque semaine dès la mi-mai, avant que les populations atteignent un seuil critique
Voici en revanche quels nuisibles mangent des noix.

Tristan
Co-Fondateur du site ProsDesNuisibles.com, Tristan st spécialisé dans les solutions numériques dédiées aux métiers de la lutte contre les nuisibles. La plateforme vise à faciliter la mise en relation entre particuliers et experts en dératisation, désinsectisation et désinfection, tout en mettant en avant des acteurs identifiés pour leur sérieux.
